On vous a proposé de participer à une réunion

- Un de vos proches a adhéré au système, vous souhaitez le convaincre d'y renoncer, voire de porter plainte,
- Vous y avez adhéré, vous vous posez des questions, vous voulez témoigner de votre expérience,
- Vous n'en avez jamais entendu parler, vous êtes curieux...

Avertissement

Les textes et les schémas du blog ANTICERCLES sont libres de droit mais ne peuvent être reproduits, même partiellement, qu'avec l'autorisation expresse de leur auteur, qui peut être contacté en consultant la rubrique "Qui sommes-nous ?"

Fonctionnement du Karus

Le fonctionnement du Karus est celui du plus vulgaire système pyramidal. La promesse de gains est basée sur le recrutement exponentiel des participants. Chaque personne doit trouver deux contacts, et les documents fournis le disent clairement "sans contact, on n'avance pas", ce qui sous-entend à moyen terme la saturation du système.

Le schéma explicatif montre des carrés, ou plutôt des losanges, de 7 places. D, E, F et G sont les contacts de B et de C.


A chaque étape, le nombre de participants est multiplié par deux : dès qu'un carré est rempli, il se divise en deux qui doivent être remplis à leur tour, à raison de deux contacts par participants. Ainsi B et C prendront dans les 2 nouveaux carrés la place de A, et D, E, F et G se répartiront dans ces nouveaux carrés et devront trouver leurs 2 contacts.

C'est dans cette division des carrés, comme dans les cercles, que se cache le système pyramidal.

Ainsi en partant d'un carré de 7 places, on arrive très rapidement aux chiffres suivants :

2 carrés = 14 personnes, qui vont produire

4 carrés = 28 personnes, qui vont produire

8 carrés = 56 personnes, qui vont produire

16 carrés = 112 personnes, qui vont produire

32 carrés = 224 personnes, qui vont produire

64 carrés = 448 personnes, qui vont produire

128 carrés = 896 personnes, qui vont produire

256 carrés = 1 792 personnes, qui vont produire

512 carrés = 3 584 personnes, qui vont produire

1 024 carrés = 7 168 personnes, qui vont produire

2 048 carrés = 14 336 personnes, qui vont produire

4 096 carrés = 28 672 personnes, qui vont produire

8 192 carrés = 57 344 personnes, qui vont produire

16 384 carrés = 114 688 personnes, qui vont produire

32 768 carrés = 229 376 personnes, qui vont produire

La mise est minime : 100 €. Ceux qui souhaitent miser davantage sont invités à s'inscrire plusieurs fois, dans des carrés différents, sans comprendre qu'ils devront recruter 2 contacts autant de fois qu'ils sont inscrits s'ils veulent gagner à hauteur de leur mise. Faute quoi bien sûr, il n'y aura aucun argent "frais" pour les rémunérer.

Il y a plusieurs paliers : au Karus à 100 € succède le Karus à 200 €, puis à 400 €, etc... La présentation du système sur internet fait état de 15 paliers, ou phases (soit 229 376 personnes pour que le premier gagne le maximum !). Mais le fonctionnement du système de gains est on ne peut plus opaque, car en sortant d'un Karus 100, alors que les personnes extérieures D, E, F et G ont donné 400 €, on n'empoche que 180 €, c'est-à-dire un gain net de 80 €. La différence de 220 € se décomposerait comme suit : 20 € pour les organisateurs, et 200 € pour le Karus 200. Mais que se passe-t-il si un participant ne souhaite pas intégrer le Karus 200 ? Il semble qu'il soit bel et bien floué de 200 € puisque ce sont les organisateurs qui remettent les enveloppes en liquide quand un cercle se divise. Celui qui s'arrête dès le premier tour ne touche de toute façon que 80 € au maximum. A chaque phase, c'est ainsi une multiplication par deux qu'il faut faire pour estimer les gains non remis à ceux qui abandonnent en cours de route.

Ce sont également les organisateurs qui attribuent les places dans les carrés, ce qui occasionne pas mal de surprises à certains participants qui se sont vus reléguer aux dernières places.

L'argent circule bien entendu en espèces, récolté par les organisateurs qui reviennent la semaine suivante distribuer les gains.

L'ambiance au sein de la grande famille du Karus

A l'instar des cercles de dons, le Karus est présenté comme venant de Suisse, et fait appel à votre sensibilité en prônant confiance et solidarité. L'ambiance des réunions est conviviale et bon enfant. On se tutoie (c'est sympa), on s'appelle par des pseudos (c'est marrant), on boit un coup (c'est festif).
Cependant, il ne fait pas bon avoir l'esprit critique quand on participe au Karus. Posez des questions précises, mettez en doute le principe même du système ou la façon dont sont attribuées les places et vous avez toutes les chances d'être éjecté.
Dans certains groupes, une sorte de gourou fort autoritaire se charge de faire rentrer dans le rang les brebis égarées voire de chasser les récalcitrants ! La devise semble être "ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi". D'ailleurs, la présentation flash du Karus le dit clairement : il faut "éviter l'effet pommes pourries". Extrait "... et nous ne voulons pas de questions ! (...) Une pomme pourrie, donc une personne négative, dans un panier de pommes mûres, c'est-à-dire une réunion de personnes positives, va finir par contaminer tout le panier avec le temps" (sic).
Les organisateurs n'ont en effet que faire de participants septiques, qu'il faudra constamment surveiller et recadrer. C'est là que le système s'apparente à une secte. Ceux qui on suffisamment de force de caractère et d'esprit critique ne sont pas de bonnes recrues, elles sont les "pommes pourries" qu'il vaut mieux éliminer d'emblée. Les meilleurs adeptes seront ceux qui accepteront sans sourciller le mode de fonctionnement du Karus et seront capables de resservir le discours sans le remettre en cause, et à défendre le système comme de bons petits soldats.

Auvergne

En a-t-on vraiment fini avec les cercles de dons ? C'est ce que semble dire cet article paru dans
La Montagne du 8 juillet 2009.

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En attendant, aux terrasses des cafés, on surprend toujours des conversations sur le "booster"...

L'enquête continue dans le Sud

De nouvelles interpellations ont eu lieu dans le sud, mettant au jour les connexions entre le Gers et l'Hérault. Un témoignage édifiant et des extraits de la "charte" à lire dans Sud-Ouest du 20 mai 2009.


Lire également l'article de la Dépêche du 21 mai 2009.

Sud-Ouest continue à relayer l'info


Encore un article sur le sujet, qui explique un peu mieux le fonctionnement et les ramifications de l'affaire.

Télécharger au format pdf : Sud-Ouest du 29 avril 2009
Avec l'aimable autorisation de Jean-Charles Galiacy
Lien vers le site

La "colossale" affaire du Gers

La Dépêche et Sud-Ouest du 1er avril 2009 relatent à nouveau l'affaire de la région toulousaine. On y apprend avec une certaine satisfaction que les enquêteurs cherchent réellement à remonter vers les têtes de réseau qui ont amené le système en France depuis la Suisse. De quoi semer le désordre dans le réseau bien huilé des "thérapeutes" qui faisaient tourner le système depuis plus de 2 ans.

Bressuire : les suites de l'affaire

La Nouvelle République du 1er avril 2009 relate l'audience du tribunal de Bressuire. Des peines pour escroquerie en bande organisées pourraient être prononcées. Pour mémoire, ce type de délit peut entraîner jusqu'à 10 ans de prison. De quoi faire réfléchir tous ceux qui affirment, de bonne foi, que ce n'est pas illégal et qu'on ne risque rien.

Anniversaire

Le blog Anticercles vient de fêter son premier anniversaire (lancement du blog le 16 mars 2008) et vient de passer le cap des 40.000 connexions. Triste anniversaire à vrai dire, puisque nous pensions créer ce blog pour tout au plus 6 mois, persuadés que le système serait totalement détruit à l'automne au plus tard.
Cela nous conforte dans l'idée que la manipulation mentale exercée par les coordinateurs, thérapeutes alternatifs pour la plupart est vraiment le moteur de cette arnaque pyramidale qui se présente sous forme de cercles, sur fond d'entraide et de solidarité.
Depuis que nous avons mis en ligne le premier texte sur le fonctionnement du système, d'autres ont fait leur apparition : booster géré par ordinateur, mandala d'abondance, trèfle, concept...
Il nous semble important de décrire les différents systèmes, probablement tous issus du premier, pour alerter sur le fait qu'il n'y a pas de "bon" système de cercles de dons : ils sont tous illégaux, et s'effondrent à plus ou moins long terme. On y perd son argent mais on y perd surtout ses amis.
Rédiger de nouveaux textes prend du temps, aussi, si vous avez des textes clairs et aboutis sur les diverses formes de cercles de dons, n'hésitez pas à nous les soumettre par mail pour que l'information - et la dissuasion - circule. D'avance, merci à tous nos visiteurs

Petit rappel : nous ne parlons pas ici des arnaques sur internet

Sud Ouest : témoignage

Nouvel article dans la Dépêche du 25 mars 2009 avec le témoignage d'une participante dans le Sud-Ouest, où il semble que les récentes arrestations commencent à délier les langues (ci-dessous, illustration de l'article, cliquez sur le lien pour lire l'article complet).

Sud Ouest : Gers

Nouveau coup de filet par les gendarmes d'Auch (Gers), où l'on parle d'une affaire "colossale".

Sud Ouest 19 mars 2009

Sud Ouest 21 mars 2009

La Dépêche 20 mars 2009-1

La Dépêche 20 mars 2009-2

Dans l'Hérault

Article récent dans l'édition de Béziers du Midi Libre du 8 février 2009 (cliquez sur le lien pour le voir plus nettement)

Un peu décevant vues les sommes en jeu, les personnes interpellées ne sont vraisemblablement pas les grands manipulateurs sur lesquels nous souhaitons attirer l'attention.
D'ailleurs, on voit bien qu'il ne s'agit pas du même système : il faut trouver 3 filleuls au lieu de 2, et il semble que ce parrainage devait s'effectuer à chaque étape, ce qui rendait le système encore plus rapidement "saturable" que les cercles d'abondance classique.
L'intérêt de cet article est qu'il montre que les autorités s'intéressent enfin à ces arnaques, ce qui peut laisser espérer une autre enquête, plus sérieuse, vers les grands initiateurs des cercles de dons.

Dans l'Aude

Cet article de L'Indépendant (17 avril 2008) date un peu, mais il est intéressant dans la mesure où il a été initié par le Maire d'une commune rurale, c'est à peu près le seul écho que nous ayons d'un notable qui s'engage clairement sur le sujet (cliquez sur le lien pour le lire plus facilement)

L'article paru sur le site web n'est plus disponible, mais nous en reproduisons le début ici.

Édition du samedi 19 avril 2008
FAITS DU JOUR
D.R.

Organismes frauduleux implantés à Bugarach

Depuis juin 2007, des habitants de Bugarach et des alentours se font arnaquer. Ils entrent dans un cercle dit d’"abondance" : un système de vente pyramidale.

C’est bel et bien une arnaque que dénonce le maire de Bugarach, Jean-Pierre Delord. Depuis juin dernier, des organismes frauduleux se sont implantés au sein même du village. "Ils sont au nombre de trois, voire quatre", dénonce une habitante. "Cela m’inquiète", déclare le maire. Il ajoute : "Des pauvres gens se font avoir. On leur fait miroiter des jours meilleurs". Une jeune femme, sollicitée par des amis, témoigne. "Je me suis vu proposer par des amis appartenant à l’un de ces groupes de participer à un cercle d’abondance. Ils m’ont expliqué la manœuvre en détail mais ne m’ont rien imposé". Selon la jeune femme, les personnes qui veulent entrer dans le cercle doivent donner une certaine somme dite "de départ" – jusqu’à 10 000 euros, ils demandent de plus petites sommes, maintenant, pour augmenter le nombre de participants ; le tout, en liquide – chaque adhérent doit parrainé deux autres personnes qui entre dans le cercle à leur tour – c’est à ce moment là qu’ils sollicitent amis ou proches – la somme "de départ" sera, selon les organisateurs, multipliée par deux, sinon plus. Au téléphone, des codes secrets sont utilisés pour demander l’argent. Les réunions de groupe se font chez un particulier, déjà dans la magouille. De 25 jusqu’à 50 personnes s’y réunissent. Beaucoup de parents d’élèves ou de personnes fragilisées par la vie, qui n’ont pas une situation sociale très florissante, se laissent embobiner. Ils ont confiance. (...)
La suite de l'article de Caroline Valenti figurait dans les éditions audoises de l'Indépendant du 20 avril 2008, si un de nos visiteurs a réussi à se le procurer, merci de nous l'envoyer sur la boîte contact.

En Auvergne

Nouvelles interpellations en Auvergne et dans la région grenobloise, l'information est relayé par le journal La Montagne du 19 novembre 2008,


ainsi que sur la
Radio RJFM et dans Le Progrès de Lyon : Article du 21 mai 2008 sur le site web - Article de juillet 2008 (date exacte inconnue)

Où ça se passe ?

Nous avons trouvé intéressant de recouper les témoignages avec la fréquentation de ce blog : elle les reflète assez fidèlement. Seule la Région parisienne fait figure d'exception, puisqu'il y a
peu de témoignages, mais que c'est de là que les connexions sont les plus nombreuses.
Nous vous livrons ci-après une carte réalisée d'après les relevés de statistiques de nos 40.000 connexions. Les pourcentages ne portent que sur les connexions depuis la France. Nous vous laissons les découvrir. Sachez toutefois que ces chiffres sont donnés à titre indicatif, divers paramètres pouvant fausser un certain nombre de données.


Ces cercles sont nés en Allemagne, puis en Suisse, d’où ils sont arrivés en France. Presque toutes les régions sont touchées, mais principalement le grand Sud et l'Ouest. On constate curieusement que dans ces régions, le système s'est installé dans des villes ou villages surtout proches du littoral.

En Languedoc-Roussillon : Le système est de préférence dénommé tontine, randonnée ou bulles multicolores. La ville où les cercles sont les plus répandus est sans conteste Montpellier (on parle de 500 "bulles" !), où le système serait directement arrivé de Suisse, mais toutes les villes et villages de l'Hérault sont concernés : Béziers, Agde, Sète, Clermont l'Hérault, Lunel... Ils se sont vite propagés dans les départements voisins : le Gard, à Nîmes, Alès, Sommières, l'Aude, du côté de Narbonne, Carcassonne et la Haute Vallée de l'Aude, enfin dans les Pyrénées-Orientales à Perpignan.

Ils ont ensuite franchi le Rhône pour arriver en Provence Alpes Côte d'Azur : Marseille (13), Cannes (06), Avignon, Orange (84)...

Toujours dans le Sud, notons aussi l'Ariège, le Gers, la région Toulousaine, le Tarn et Garonne, la Dordogne...

En Bretagne et dans la région Pays de Loire : on les nomme plutôt cercles ou rondes (roues) d'abondance. Ils sévissent à Rennes, Nantes, Quimper, Vannes,Morlaix, Lorient, Quimperlé, Angers.

La région Rhône-Alpes n'est pas épargnée, avec des cercles à Lyon, Grenoble, autour du lac d'Annecy, en Ardèche.

Malgré des connexions peu nombreuses, le système sévit aussi en Auvergne : Montluçon, Vichy, Clermont-Ferrand.

Si vous souhaitez voir l'évolution géographique des "bulles", consultez aussi la rubrique n°07 "Revue de presse" où vous pourrez lire tous les articles que nous avons pu recenser.


Colmar : Suites de l'enquête

Les Dernières Nouvelles d'Alsace ont fait paraître début octobre un communiqué sur les suites de l'enquête après les arrestations de Colmar.

Toujours en Bretagne, cercles d'abondances

La presse bretonne se déchaîne sur le sujet...

Ouest France du 28 octobre 2008

Le Telegramme 30 octobre 2008


(bientôt l'article au format pdf)

Ca bouge en Bretagne

Suite à une enquête dans le Morbihan, plusieurs personnes ont été mises en garde à vue dans la région de Ploërmel.

Journal télévisé France 3 Bretagne du 24 octobre 2008
(cliquez sur la flèche en bas à gauche de l'écran)




On en parle aussi dans Ouest France du 22 octobre 2008, vous pouvez télécharger l'article ou utiliser le lien direct vers le site.


Et sur France Info (enregistrement du flash de France Bleu Armorique du 24 octobre 2008 repris en national.



Ainsi que dans le Télégramme
Edition du 23 octobre 2008 (l'article est en haut à gauche de la page) à télécharger.

Edition du 25 octobre 2008 à télécharger.

Comment fonctionne un cercle de dons ?

Selon les villes, on investit de 1.000 € à 10.000 €, on trouve 2 personnes qui apportent la même somme et on repart avec 8 fois la mise, soit de 8.000 à 80.000 €.

En quoi ça consiste ?

On part d’une figure de 4 cercles concentriques, dans lesquels sont inscrites 15 personnes selon le schéma ci-contre. La personne du centre (n°1) reçoit, selon la mise de départ, de 1.000 à 10.000 € de chaque personne située dans le cercle extérieur (n° 8 à 15). Dès qu’elle a reçu les 8.000 à 80.000 € elle sort et le cercle se divise en deux. Les personnes en position 2 et 3 deviennent à leur tour chacune la position 1 des 2 nouveaux cercles. Les autres personnes progressent aussi d'une position, et pour chaque nouveau cercle créé, il faut 8 nouveaux arrivants pour regarnir le cercle extérieur. Et ainsi de suite, les cercles se multiplient à l'infini, chaque fois qu'un n°1 récolte les 8 mises.

Bien que ce système soit présenté sous forme de cercles, la scission et la multiplication des cercles nécessite une croissance exponentielle du nombre de participants, comme n'importe quel système pyramidal.

Ce que l'on vous cache quand on vous explique ce système, c'est le nombre de gens impliqués au bout de quelques étapes, et c'est énorme, tellement énorme que cela atteint des chiffres qu'on n’arrive même plus à se représenter. Voici le calcul simple pour un système basique qui implique le recrutement de 2 personnes : à chaque pallier, on double donc le nombre de participants.
Arrivé au 20ème pallier, si tout le monde a bien joué le jeu, plus de 500.000 personnes ont touché de l'argent, et 524.288 personnes vont devoir recruter chacune 2 personnes soit 1.048.576 personnes... soit la population d'une ville comme Marseille, ou du département de l'Hérault. Ce genre de système atteint inexorablement un jour une limite géographique et démographique. Il n'y a pas moyen de gagner de l'argent avec ce genre de système s'il n'y a pas quelqu'un qui en perd en bout de chaîne. Il est vrai que ceux qui sont placés tôt dans la chaîne ont toutes leurs chances de multiplier leur mise, mais au détriment des 7/8ème de personnes qui ne reverront jamais la couleur de leur mise de départ.

(inspiré de l'article d'Armand Plumet sur infocomte.com que nous tenons à remercier, de même que Paul, anonyme)

Maxi 30 juin 2008

Nous mettons en ligne avec retard, pour cause de problèmes techniques, l'article de Maxi visible également ici :

PAGE 1
PAGE 2
(Merci au Captain Nemo pour son aide)


Comment l'Albanie a sombré dans le désordre social

Cet article est nécessairement un résumé de l'histoire des pyramides financières en Albanie. Il n'a pour ambition que d'expliquer simplement à des non-spécialistes en quoi la crise albanaise illustre le danger de tout système pyramidal. Le contexte géo-politique sur ces événements est infiniment complexe, et nous incitons les lecteurs qui voudraient approfondir le sujet à consulter des ouvrages plus complets sur l'histoire contemporaine des pays concernés.


Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombe. Cet événement est pour les populations des pays de l'Est un espoir fou d'entrer dans une nouvelle ère de liberté. A tort ou à raison, ceux qui lorgnaient depuis toujours vers l'occident avaient soif de profiter de la société de consommation. Pendant la réunification des 2 Allemagne, la plupart des pays du bloc soviétique proclament leur indépendance et organisent des élections libres. Certains tireront assez bien leur épingle du jeu, comme la Hongrie, la Slovaquie, la Slovénie. Ce ne sera pas le cas de tout le monde, car d'autres mettront beaucoup plus de temps à se relever.

Après l'ouverture des frontières, l'occident découvre médusé l'état de délabrement des infrastructures routières et ferroviaires, des bâtiments publics, écoles, hôpitaux, laissés le plus souvent à l'abandon. L'économie soviétique avait atteint ses limites, et tout était à reconstruire.
Les investisseurs étrangers se ruent dans cette brèche pour apporter leur savoir-faire et leurs capitaux. Mais seuls les pays qui avaient déjà su s'affranchir des règles de Moscou, et surtout qui ont réussi à instaurer un régime politique plus ou moins stable vont en bénéficier. Ceux qui étaient sous l'emprise d'une dictature dure auront beaucoup plus de mal à s'en remettre.

C'est dans ce contexte que les sociétés pyramidales font leur apparition. En Russie, en Pologne, en Bulgarie, en Roumanie… et surtout en Albanie.

L'Albanie était le pays le plus fermé des Balkans, coupé du reste du monde après la rupture d'Enver Hoxha (ou Hodja) avec la Russie, puis avec la Chine. C'était aussi certainement le plus pauvre avec un taux de chômage qui avoisinait les 40 % dans les années 90. Les Albanais n'ont aucune idée de ce qu'est l'économie de marché, or la situation économique est désastreuse.

Des sociétés financières véreuses – dont la plupart ont des ramifications avec les mafia italiennes - s'implantent dans le pays et promettent aux populations des taux d'intérêts très élevés, de l'ordre de 30 % pour placer leurs maigres économies. Au début, les promesses sont tenues, ce qui a pour effet d'attirer de plus en plus d'épargnants, sous l'œil indifférent, pour ne pas dire complaisant, du gouvernement. Environ 80 % des foyers albanais apportent le peu qui leur reste à ces sociétés financières, voyant là le moyen de se sauver de la ruine. L'argent envoyé par leur famille émigrée en Grèce ou en Italie est englouti dans ces placements, on a même vu des paysans descendre de leurs campagnes avec leurs troupeaux pour les revendre et placer l'argent !

Où est le problème direz-vous, puisque les épargnants sont rémunérés ? Le problème est qu'ils ne sont pas rémunérés par les investissements faits par ces sociétés, mais tout simplement avec l'argent des futurs arrivants. Les sociétés financières ne mettent pas un sou dans l'affaire et ne font pas fructifier l'argent reçu, ils se contentent de surfer sur la vague du succès provoqué par le bouche à oreille. Ainsi, les premiers arrivés sont les premiers servis, mais très rapidement, la population de l'Albanie n'étant que de 3,5 millions d'habitants, la source de nouveaux épargnants se tarit, et les sociétés ne peuvent plus honorer leurs promesses. S'ensuit une surenchère : pour sauver leur business, les sociétés financières appâtent de nouveaux crédules avec des taux de 50, voire de 100 % par mois, ce qui finira par accélérer la chute des pyramides.

Les gouvernements occidentaux avaient tiré la sonnette d'alarme en vain, mais les autorités de Tirana avaient fait la sourde oreille. Quand elles se réveillent, il est trop tard. Les sociétés financières se sont évaporées, ne restent que des Albanais floués et en colère. Malgré les tentatives du gouvernement de rassurer les populations et de promettre que les responsables seraient punis, le pays s'achemine vers la guerre civile.

Des émeutes feront près de 2000 morts. On évacue les étrangers, et l'Italie doit faire face à un afflux de réfugiés albanais qui fuient leur pays plongé dans le chaos. Le gouvernement de Sali Berisha n'y résistera pas. Ce n'est qu'en 1998 que le pays, aidé par la communauté internationale, parviendra à se relever de cette crise.

Voilà rapidement résumée l'histoire des pyramides albanaises, pour mieux comprendre nous renvoyons à l'excellent article de Christopher Jarvis, économiste du FMI (Fonds Monétaire International) ainsi qu'au Monde Diplomatique et à un rapport du Sénat de 1997.

Quel rapport avec les cercles de dons en France ? Pour qui s'intéresse de près au phénomène, la découverte de la grave crise albanaise – dont très peu de médias européens se sont fait l'écho à l'époque – présente de troublantes similitudes.

Non pour convaincre les adeptes qui soutiendront toujours que leurs cercles n'ont rien à voir avec des pyramides, mais pour éclairer les personnes qui ont saisi que la croissance exponentielle des cercles et l'absence de création de richesses relèvent du même mécanisme, nous avons tenté de faire un parallèle entre les deux.

La population de l'Albanie ignorait tout du fonctionnement de l'économie de marché. C'est aussi vrai, dans la plupart des cas, pour les participants aux cercles de dons.

Les Albanais étaient fragilisés par la situation économique dans leur pays : taux de chômage élevé, niveau de vie faible, d'où une envie irrépressible de croire aux chimères pour améliorer l'ordinaire. Cet état d'esprit est aussi celui de la majorité des personnes qui se laissent tenter par l'aventure des cercles.

Les Albanais aveuglés par l'argent facile ne cherchent pas à savoir comment de tels rendements sont possibles. Là encore, cela concerne les participants aux cercles, à cette différence près qu'en France en 2008 l'accès à l'information est beaucoup plus facile que ça ne l'était en 95 en Albanie.

Les dirigeants des sociétés pyramidales étaient des gens peu scrupuleux, qui n'hésitaient pas à attirer les épargnants sous couvert de sociétés caritatives plus ou moins opaques. La Fondation Sude était dirigée par une voyante extra-lucide, en Roumanie Ion Stoica se fait appeler "le Messie" et baptise sa société du nom de Caritas, qui est aussi celui d'une association catholique. En France, les adeptes des cercles se trouvent rassurés par des pseudo thérapeutes dont les méthodes sont très discutables, et les recrutements vont bon train dans les milieux ésotériques.
Ces sociétés avaient les mains libres aussi grâce à l'apathie des pouvoirs publics, et on pourrait dire que c'est un peu la même chose chez nous, pour preuve les tentatives désespérées de certains d'alerter la Répression des Fraudes ou le Parquet et qui ont reçu une réponse laconique de leur part.

La force de l'exemple : dans les deux cas, les nouveaux "investisseurs" sont confortés par la vision de ceux qui ont gagné, et qui ont même réinvesti, ne comprenant pas que plus nombreux ils seront, plus vite arrivera la chute. D'ailleurs, on constate aussi une similitude dans la durée. Deux ans, c'est environ le temps qu'il aura fallu aux sociétés pyramidales albanaises pour s'écrouler, alors qu'en France on constate actuellement le blocage des bulles qui ont fait leur apparition fin 2006.

Ainsi, les événements en Albanie paraissent la parfaite démonstration de ce qui se passe si on pousse le système à l'extrême.